Combien dois-je ou puis-je demander comme salaire ?
Par Claude BARATAY le mercredi 27 juin 2007, 19:00 - emploi - Lien permanent
Combien dois-je ou puis-je demander comme salaire ? ....
La question est complexe car les situations sont infiniment variées; on peut dire qu'il n'y a pas deux situations identiques de relations entreprise/candidat. Evacuons tout d'abord quelques idées reçues ou fausses bonnes idées:
- "Je demande tant parceque je les vaux": c'est LA phrase à ne pas dire à un recruteur; de quel droit peut-on décider que l'on "vaut" X kF ? outre que celà vous fera paraître extrèmement prétentieux, il y a peu de chances que vous ayez toutes les données permettant d'affirmer une telle chose ! je l'ai pourtant tellement entendue dans mes entretiens de recrutement... Il faut dire qu'elle est hélas encore largement véhiculée par un certain nombres d'écoles (de tout "niveau" d'ailleurs...)
- "Je vaux tant parceque mes camarades de même formation ont eu tant" : là aussi, il y peu de chance que leur contexte soit identique au vôtre (leur parcours, les stages qu'ils ont faits, l'entreprise qui les a embauchés, le poste qu'ils ont pris, tout celà est forcément différent de votre cas)
- "Les petites enterprises payent mal": c'est faux. Certaines paient moins que les grosses pour un profil donné, d'autres paient nettement plus.
Le salaire d'embauche est ce que l'entreprise est prête à vous donner pour faire ce qu'elle attend de vous. On peut TOUJOURS trouver meilleur salaire. Mais pour faire quoi ? Il n'y a plus de miracle dans ce domaine. Il y a des différences, certes, mais il faut toujours revenir aux idées basiques: si le salaire proposé est meilleur, c'est probablement pour faire quelque chose de différent.
AVANT de parler salaire, il faut bien cerner:
- l'entreprise, sa culture, sa santé financière (il n'est pas difficile de se renseigner: la presse, Internet, les copains qui y travaillent, les connaissances, les amis, qui connaissent quelqu'un qui etc etc)
- l'environnement concurrentiel (est-ce que les autres entreprises du même secteur s'arrachent les profils comme le vôtre?)
- l'étendue des responsabilités qui vous seront confiées si vous prenez ce poste
- et surtout, ne pas hésiter à demander quels seront les critères de "performance" sur lesquels vous serez évalué(e) régulièrement, c'est à dire ceux qui permettront à l'entreprise de considérer qu'elle vous a bien rémunéré (ou pas assez) par rapport à ce que vous lui aurez apporté au bout de la période considérée. C'est le B-A-BA de la relation entreprise-employé.
De plus, on constate depuis toujours que les écarts de salaire entre des profils comparables au départ peuvent se creuser considérablement au bout de quelques années, en fonction de "parcours" de chacun, et de la façon dont il(elle) a mené sa "carrière"...
Commentaires
Bonjour,
Très bonne question, pour ma part je demande également les responsabilités et les risques encourus en cas de litiges (pénales par exemple), ce qui me donne un élément supplémentaire pour indiquer un salaire. De plus pour toutes questions financières sur l'entreprise il existe des sites comme KOMPASS, SOCIETE.COM, VERIF... qui donne des informations précises sur le fonctionnement de la société.
Mais cela dit, vos conseils sont judicieux pour connaître le salaire à demander. Je crois qu'il est préférable de ne pas demander un salaire au premier entretien, et qu'il vaut mieux indiquer que l'on a besoin de réfléchir au poste avant de se prononcer à ce sujet? ce qui nous laisse le temps de se renseigner.
Cordialement
Je ne suis pas trop d'accord avec Christophe, cela me parait essentiel d'évoquer le salaire lors du premier entretien, ne serait-ce que pour s'assurer qu'il n'y a pas trop de distorsion entre le salaire proposé et le souhaité.
Touline
Il me semble qu'un salaire indicatif est souvent proposé sur les annonces, c'est pour cela que je dits qu'il vaut mieux attendre pour donner ses prétentions. Cependant, si la rémunération ne figure pas dans l'annonce alors, il est préférable dans parler lors du premier entretien sans se prononcer définitivement.
Cordialement
Bonjour,
Je vous écrits pour vous demander, si le temps vous le permet, de visiter les différents blogs et d'y apporter votre contribution en y laissant des commentaires. Ceux-ci tout simplement pour avoir plus de dialogue et connaître vos avis sur nos billets, ce serait extrement enrichissant pour nous.
Cordialement
Bonjour,
Merci à christophe et touline pour ces commentaires. Dans mon billet d'origine, je dis qu'AVANT de parler salaire, il faut bien cerner le poste et bien cerner ce que l'entreprise attend. Il y a une foule d'informations sur l'entreprise que l'on doit acquérir AVANT le 1er entretien, si l'on est un minimum "pro". Touline a raison d'évoquer la nécessité de ne pas créer de malentendu sur la rémunération. J'aurais tendance à dire:
- si la fourchette de rémunération est indiquée sur l'annonce, on sait ce que l'entreprise a prévu, donc on sait globalement "à quoi s'en tenir"; il me semble alors inutile de vouloir forcer les choses si le salaire annoncé est trop éloigné de ce que l'on vise; il vaut mieux alors laisser tomber sans perdre ni faire perdre de temps; si le salaire annoncé semble correct mais que l'on désire un peu mieux (et qu'on peut je justifier), il faut en parler assez tôt dans le processus (1er ou 2ème entretien), et surtout DIALOGUER à propos du montant: ne pas hésiter à dire au recruteur "Ne pensez-vous pas que ce niveau de responsabilité correspond à un niveau de rélunération supérieur?" ou "Pour ce type de responsabilité j'ai constaté que les entreprises de votre secteur d'activité proposent une rémunération supérieure. Comment expliquez-vous cette différence?", etc... ainsi le dialogue s'installe de façon naturelle concernant la rémunération.
- si aucume fourchette n'est indiquée, alors toutine a raison il faut en parler le plus tôt possible.
C'est vrai que la question n'est pas si facile, car quand on est candidat on est partagé entre :
- l'objectif de "se vendre", donc d'aller défendre son dossier même si les conditions de rémunération ne sont pas idéales (on espère alors convaincre que la fourchette devra être relevée)
- l'objectif de "ne pas se brader"
- la crainte de se voir "voler le poste" par des candidats "concurrents" qui accepteraient une rémunération inférieure.
Mais les recruteurs sont censés être des gens de dialogue... et la transparence doit être la règle...
La transparence doit être la règle, mais l'est-elle toujours ?
Concernant la transparence dont parle toutine, il en est du recrutement comme du reste... Je suis fervent du "parler vrai", c'est le slogan du Cabinet auquel j'appartiens. Si cette transparence n'est pas établie entre deux individus, c'est à dire si l'un des deux n'est "pas net" (que ce soit le recruteur ou le candidat), ne pensez-vous pas qu'il vaut mieux pour ces deux personnes de ne pas prolonger le contact ?
Très certainement, mais ce n'est pas toujours facile à évaluer et ce n'est pas forcément celui qui n'est "pas net" qui prendra l'initiative de rompre le contact.
Comment détecter que quelqu'un n'est "pas net" ? A mon avis, EN POSANT DES QUESTIONS et en étudiant les réponses. N'avez vous pas remarqué que les recruteurs posent beaucoup de questions? C'est leur façon de se "construire une hypothèse" sur vous, comme on dit en psycho. Je mets de côté ceux, malhonnètes, qui ont déjà, avant de discuter, leur hypothèse bien construite dans leur tête parcequ'ils vous ont jugé d'avance (sur votre look, votre origine, etc). "Jugé": c'est bien là le pire des travers pour un évaluateur...
Mais l'entretien d'embauche doit être un vrai entretien, c'est à dire que vous êtes en droit (je dirais même "en devoir") de poser autant de questions qu'on vous en pose. N'hésitez pas à insister quand l'interlocuteur vous répond à côté, ou de façon fuyante: s'il insiste dans son attitude, alors il y a de fortes chances qu'il ne soit "pas net" ! ceci est valable dans les deux sens, bien sûr...
Bonjour,
Le jugement de valeur! la bête noir de toute communication. On a souvent tendance a avoir ce comportement et il est le fruit d'erreur et de polémique. La transparence, à mon sens, est régulièrement mise à rude épreuve en fonction des situations et en même temps on ne peut dire que ce que l'on sait (parfois c'est pas grand chose). Sans généraliser, l'honnêteté et la franchise ce font de plus en plus rare dans les relations professionnelles. Cependant vous avez l'air d'une personne d'exception dans votre secteur?
Comment choisir les bonnes questions sans être perçu comme une personne pointilleuse et piquante?
Cordialement
"Comment choisir les bonnes questions sans être perçu comme une personne pointilleuse et piquante?", demande Christophe. Je propose quelques modestes pistes de réflexion pour répondre :
- l'entretien, à mon avis, doit être une discussion d'égal à égal; il ne doit pas y avoir "le recruteur qui sait et qui décide" et "le candidat qui se fait manger"; on a trop vu de recruteurs "prendre de haut" les candidats dans les périodes de crise où les postes étaient rares et les candidats nombreux; la situation a heureusement changé, et les recruteurs ont dû s'y adapter (il reste cependant quelques irréductibles)
- a mon avis on peut poser TOUTES les questions que l'on désire, à condition de le faire avec politesse; des formules comme "Ne pensez-vous pas que ..." ou "Qu'est-ce qui justifie selon vous telle position de la part de l'entreprise ?" ou "Que pensez vous de ma proposition si je vous dis etc etc" ou "J'ai constaté chez vos confrères une attitude différente; comment l'expliquez-vous?" ne heurtent pas, tout en permettant d'être direct
- à l'inverse, quand on pense que la question qu'on vous pose est trop indiscrète ou qu'elle est déplacée, ne pas hésiter à se faire respecter en répondant quelque cjhose du style "Puis-je vous demander quel lien cette question a à voir avec le sujet de notre entretien?"
- quand on le peut (présence d'esprit, sentiment de confiance), l'HUMOUR permet de tout dire et de tout demander... mais attention de ne pas se laisser aller à la familiarité !
"Tout ça c'est facile à dire, mais quand on est en situation..." me direz-vous. Je pense avoir fait plus de 3 000 entretiens de recrutement, et c'est toujours un plaisir, car sur les 3 000 il n'y en a pas eu deux identiques, juré craché!. Mon petit conseil si vous manquez d'assurance en prévision d'un entretien: ENTRAINEZ-VOUS ! avec le copain ou la copine, avec les amis, avec un collègue...
Les témoignages sont les bienvenus !
C'est plus facile quand le recruteur est de l'entreprise qui embauche, mais quand le recruteur est un cabinet, ce n'est pas toujours aisé, d'autant, comme cela m'est arrivé, quand l'entreprise veut rester anonyme et que, de plus, elle n'est pas très connue dudit cabinet !
Mais je sais que je n'ose pas toujours poser des questions. Comme vous le conseillez, je vais m'entrainer...
Merci de vos conseils.
Bonjour,
J'avais trouvé sur Nucleo un article parlant de la négociation du salaire, disponible ici :
http://arquilliere.blog.rhonealpesj...
Qu'en pensez-vous ?
MERCI Claude pour ces conseils sur le salaire à demander...
Je comprends peut-êtrecertains refus d job ainsi...
En effet, j'ai plongé dans le piège des grandes écoles "je vaux tant"..., et dans le piege de non analyse de l'entreprise, de ses pratoqies...
MERCI